CSW70 - Intervention António Guterres
Intervention d’António Guterres, Secrétaire General de l’ONU lors de la Comission du Statut de la Femme/ Commission on the Status of Women, CSW70 au Town Hall du mardi 10 mars 2026 à New York
1. Constat central: un monde encore dominé par les hommes
- Guterres rappelle que nous vivons toujours dans une culture et un système dominés par les hommes.
- Il insiste sur le fait que l’égalité femmes-hommes est avant tout une question de pouvoir.
- Malgré les progrès, les femmes ne disposent encore que d’environ 64 % des droits juridiques des hommes dans le monde.
Message clé: les inégalités sont structurelles et profondément enracinées.
2. Priorité politique: l’accès à la justice pour les femmes et les filles
- Thème central de la CSW70: l’accès à la justice.
- Guterres souligne que pour des millions de femmes, la justice reste hors de portée.
- Il appelle à:
- éliminer les lois discriminatoires
- renforcer les systèmes juridiques inclusifs
- lever les obstacles structurels
Phrase forte: "la justice doit être la pierre angulaire du monde que nous voulons construire"
3. Alerte sur un recul mondial des droits des femmes
- Il met en garde contre un “backlash” global (retour en arrière) contre les droits des femmes.
- Ce recul est lié à:
- tensions politiques (notamment à cause de la monté au pouvoir des partis d’extrême droite dans les pays latino-americains)
- montée de l’autoritarisme
- crises (climat, conflits, inégalités)
- violence digitale
Il décrit ce phénomène comme un moment critique, mais aussi comme le “chant du cygne du patriarcat” (formulation rapportée dans les échanges), c-à-d le dernier espoir de la gente masculine de contrôler pour ne pas perdre son pouvoir.
4. Rôle central de la société civile
- Guterres insiste fortement sur le rôle des ONG et des mouvements féministes comme “moteur du progrès” en matière d’égalité et appelle à:
- protéger l’espace civique
- renforcer les coalitions (par ex. par l’apprentissage de l’anglais pour une meilleure communication et collaboration internationale)
- soutenir les acteurs de terrain
Vision: sans société civile forte, pas de progrès durable.
5. Réformes du système international
- Le débat a aussi porté sur la réforme des institutions internationales, notamment:
- Conseil de sécurité jugé dépassé (car daté de 1945), donc inefficace et plus d’actualité - Guterres reconnaît la nécessité de:
- moderniser la gouvernance mondiale, en incluant des représentants permanents du continent africain et latino-américain au Conseil de Sécurité (United Nations Security Council, UNSC), actuellement dans la catégorie "membres non-permanents" donc en rotation
- renforcer la légitimité des institutions
6. Proposition controversée: réforme du système onusien (UN Women / UNFPA)
- Il défend un projet de fusion partielle ou rationalisation entre agences (UN Women / UNFPA):
- objectif : plus d’efficacité et de moyens sur le terrain - Forte opposition de la société civile:
- crainte de perte d’expertise
- affaiblissement des mécanismes existants
7. Inclusion élargie et justice sociale
Les échanges ont mis en avant:
- leadership des femmes autochtones
- droits des femmes âgées
- inclusion des filles en situation de handicap
- participation des jeunes
Guterres soutient une approche intersectionnelle de l’égalité.
8. Message global
Son intervention se résume dès lors en 3 axes majeurs:
- Urgence: les droits des femmes sont menacés
- Justice: clé centrale pour l’égalité réelle
- Mobilisation collective: États + société civile + réforme du système
En mettant fortement l’accent sur:
- la participation citoyenne
- la visibilité des femmes dans les espaces de pouvoir
- les approches transversales (culture, éducation, droits)